VERS UNE PENTECÔTE DE LA RELATION

Père Ébodé Onambélé Benjamin, m.s.a.

Etant donné que la Trinité nous a tracé le chemin, il revient à l’homme divisé de se ressaisir pour renouveler, et revoir l’état de ses relations avec les autres. D’où la nécessité de penser à une pentecôte de la relation. Un renouveau relationnel dans l’Esprit consiste à repenser sous la mouvance de l’Esprit Saint, les rapports qui existent entre les hommes. Surtout avec la force du Saint-Esprit qui vivifie, ranime, renouvelle ; initier les relations qui respectent le dessein de Dieu.

L’événement de la Pentecôte dans les Actes des Apôtres est la réalisation de la promesse du Christ à ses Apôtres. C’est par l’Esprit qu’ils ont pu accéder à la plénitude de la vérité. Cet événement comme aux membres réunis au Cénacle, sort l’homme de la torpeur et lui donne le courage de s’ouvrir pour aller vers les autres qui sont ses frères. Le vent de la Pentecôte vient briser toutes les barrières qui empêchent l’homme d’entrer sincèrement en rapport avec autrui. Ainsi dans leurs relations, l’homme pourra parler avec son prochain un langage que tout le monde comprend. Celui qui amène la personne à s’émerveiller de l’autre et de lui-même.

La Pentecôte est la descente de l’Esprit Saint sur les Apôtres cinquante jours après Pâques (Ac 2, 1-13). Ce phénomène vient totalement opérer un changement au sein du groupe apostolique. Le courage de proclamer la Bonne Nouvelle du salut s’empare des Apôtres (Ac 2, 14-41), la première communauté est formée (Ac 2, 42-47), et les premiers miracles sont réalisés (Ac 3,1-11). C’est la nouvelle naissance, c’est l’Église qui voit le jour. Avec l’Esprit Saint, le jour peut bien se lever sur les relations humaines obscures. L’Esprit pousse l’homme à commencer une nouvelle vie. Et ce n’est que lui qui peut maintenir la communion dans les relations.

Le rôle de l’Esprit dans la relation humaine peut se situer à deux niveaux. Sur le plan individuel, l’homme est de l’intérieur transformé par l’Esprit qui l’aide à se faire proche de ceux qui l’entourent. Il crée en lui « un espace de communication où règne la gratuité du don mutuel »[1]. L’homme va se donner sans méfiance à l’autre qui est son prochain. Par là, « une nouvelle humanité surgit, un nouveau rapport entre les hommes s’instaure grâce à l’action de ce don exigeant puisqu’il appelle en retour un contre-don, celui de la reconnaissance de l’autre en tant que manifestation particulière de l’Esprit »[2]. Quand l’Esprit se manifeste la nouveauté voit automatiquement le jour et on entre dans le grand projet divin.

Avec l’Esprit, Dieu vient vers l’homme pour le consacrer et l’appeler à vivre de nouvelles relations avec lui, avec les autres et avec la nature. Tout croyant est un temple de l’Esprit Saint et en tant que tel, appartient entièrement à Dieu et doit vivre selon sa sainte volonté qui lui suggère l’amour. L’homme sera donc, une personne qui possède l’esprit d’ouverture, d’accueil et d’acceptation des autres. C’est toujours par l’Esprit que l’humain devient fils ou fille de Dieu et peut l’appeler Abba, Père.

La Pentecôte de la relation devient donc pour chacun(e), ce renouvellement à fond divin, sous la mouvance de l’Esprit, de toute relation humaine. Ainsi dans ses rapports avec autrui, la personne humaine va accorder une place nécessaire à l’Esprit. Dans les relations, l’intérêt pourra céder la place à la gratuité, la méfiance à la confiance, l’exploitation à la charité, l’indifférence à l’attention et les conflits à la paix.

[1] Camil Ménard, L’Esprit de la nouvelle alliance chez saint Paul, Paris, Cerf, 1987, p. 167

[2] Ibidem, p. 167

Père Benjamin Ébodé Onambélé , m.s.a.