L’HUMILITÉ DE MARIE DANS MA VIE ET COMME MISSIONNAIRE

Le 29 juin de cet an de grâce (2019), « Grâce à la Tendresse et à l’amour de notre Dieu » (ma devise d’ordination), je devenais prêtre de la sainte Église catholique romaine à Yaoundé, au Cameroun, par l’imposition des mains de Monseigneur Sosthène Léopold BAYEMI MATJEI, Évêque d’Obala.

L’Esprit ne tardera pas à faire accoster mon bateau sur deux quais de Montréal, desquels le Centre Marial diocésain Marie-Reine-des-Cœurs, pour la mission. Quelle joie,  puisque là, je suis si proche de Dieu ! Mais si tel est le cas, il faut que je reconnaisse que quelqu’un y joue un grand rôle, comme à Cana. Il y a cependant une question que je trouve pertinente : Comment prétendre servir Dieu, travailler dans un sanctuaire marial, sans aimer Dieu, sans aimer Marie, sans chercher dans ma vie à épouser ses allures ? Avec saint Ignace, j’ai assimilé que ce n’est pas le fait de consommer beaucoup qui rassasie tant l’âme, mais de se laisser toucher intérieurement par peu, et de là apprendre à lâcher prise. C’est pourquoi une seule question jalonnera le comptoir de cette rédaction : comment est-ce que l’humilité de Marie m’aide dans ma vie et ma mission ?

L’étymologie du mot humilité donne de voir son rapprochement à l’humus, et donc à la terre ou mieux à l’abaissement. Toute la vie de Marie a été marquée par cette humilité. Ce qui m’y interpelle cependant c’est son effacement, son esprit de patience et d’écoute, son observation, sa simplicité.

La société actuelle, davantage les réseaux sociaux, entrainent les uns les autres, malheureusement de manière inconsciente très souvent, dans le vent de l’exhibitionnisme, cette tendance à afficher sans retenue aucune ses sentiments, les détails de sa vie, son succès, son aisance au public. Dieu sait combien la tentation est plus que grande pour la génération 4G à laquelle le sort m’a fait appartenir, surtout lorsqu’on a traversé l’Atlantique. Et pourtant, c’est là qu’il faut prophétiser. Marie n’aurait certainement pas pris l’option de s’exhiber sans retenue, pour montrer aux siens qu’en un claquement de doigts son monde avait changé (Cf Singuila), ou que sa vie avait changé (Cf Kérozen, Ma vie a changé)… Cet effacement se traduit aussi dans la volonté consciente de ne pas chercher à réclamer quelque droit ou mérite que ce soit, car, qu’ai-je que je n’aie pas reçu ? (Cf 1Co4, 6). C’était l’attitude de Marie pendant les prédications et les miracles de Jésus…

L’humilité de Marie, je la vis, comme jeune missionnaire, dans l’observation. C’est, à mon sens, la première chose à faire lorsqu’on arrive nouvellement. Observer pour mieux écouter, pour apprendre. Cette observation et cette écoute ne sont donc pas laxistes, mais participantes. En ce sens qu’elles me permettent aussi, comme Marie à Cana, de voir ce qu’il y a à faire.

Dans le même ordre d’idées, nous avons ici la patience. Elle consiste à la base à persévérer dans le bien, sans se décourager, encore moins chercher à décourager autrui. Il en faut pour soi et pour les autres car, tout changement d’univers, de culture suppose toujours un choc. Il faut y aller avec patience, même dans l’apport des changements positifs. Le fiat de Marie, qui supposait son abaissement devant la volonté de Dieu, a nécessité ce caractère. Ce qui est aussi simplicité. En tout ceci, ce qui prime, c’est la prière. Oh Marie, aide-moi à être humble comme toi.

Père Pierre Désiré MANGA ENYEGUE, msa