Message de Pâques 2020

Père Ébodé Onambélé Benjamin, m.s.a.

Pour la première fois dans l’histoire de la chrétienté, nous allons célébrer le plus grand mystère de la foi catholique : Pâques, avec les églises fermées. Cela nous rappelle la situation des Apôtres après la mort de Jésus, qui par peur des Juifs, s’étaient imposés une quarantaine involontaire. C’est ce qui, en ces fêtes pascales, arrive aux chrétiens et non chrétiens, qui restent confinés non par peur des Juifs à l’instar des Apôtres, mais par peur d’un virus qui reste invisible à l’œil nu. Cela rappelle aussi à la personne humaine sa fragilité et sa vulnérabilité. Dans cette situation, nous sommes tous à l’attente d’une bonne nouvelle, celle qui nous délivrera de l’état actuel. La résurrection de Jésus en est une, la sublime Bonne Nouvelle. Si le Christ est ressuscité pour nous, nos peurs doivent s’estomper, nos inquiétudes doivent s’anéantir, et notre Espérance doit grandir.

Christ est vainqueur 

Si par sa résurrection, le Christ a vaincu la plus grande terreur humaine qui est la mort, combien de fois une bestiole invisible. Il a guéri toute sorte de maladie et il continue aujourd’hui à prendre soin de nous spirituellement et physiquement. Avec le Christ nous sommes vainqueurs.

Christ est vivant 

Il est vivant, il est vraiment ressuscité. Par sa résurrection, nous sommes sauvés ; par sa résurrection, nous sommes guéris. Accepterions-nous avec le Christ vivant, d’effectuer ce passage de la mort à la vie, de l’esclavage à la liberté, de la peur à la foi, de l’inquiétude à l’Espérance ?

Le vide

L’une des preuves de la résurrection du Christ c’est le tombeau vide. Pâques 2020 se célèbre avec les églises vides. « Le vide est une expérience de limite […]: c’est la fragilité quand on se croyait fort, la maladie quand on se pensait en pleine santé, l’épuisement quand on s’imaginait tout-puissant ; c’est le manque sous toutes ses formes »[1]. Il faut expérimenter le vide, le manque pour mesurer et comprendre l’importance, l’utilité de la chose manquante. Et « face au vide, […] croire signifie ici se mettre à désirer la vie. […] Il y a juste l’envie de vivre qui peut être suscitée »[2]. La messe nous manque, les sacrements nous manquent ; que ce vide augmente et approfondisse en nous la nostalgie de Dieu. C’est elle qui nous fera effectuer un retour décisif auprès de Lui. Nous sommes les êtres de désirs, désirons Dieu en profondeur en ces moments difficiles.

Pâques : fête de la victoire 

Avant son exécution dans un camp de concentration, le pasteur luthérien polonais, Dietrich Bonhoeffer prononçait cette phrase : « la victoire est certaine ». C’est une parole qui, en ce temps de crise prend tout son sens, elle est porteuse d’Espérance. Célébrer la Pâques, même dans le confinement total, c’est vivre dans la conviction selon laquelle, « la victoire est certaine ». Avec le Christ ressuscité, nous sommes victorieux et nous continuerons à l’être.

Questions

Nous célébrons d’une façon spéciale la Pâques 2020. C’est peut-être une occasion pour nous, de s’arrêter pour se poser la question suivante : à quoi Dieu veut nous interpeler ? Quelle est l’enseignement que nous devons tirer d’un signe des temps comme celui-ci ?

Souhaits

Permettez-moi chers pèlerins, amis du sanctuaire Marie-Reine-des-Cœurs de Chertsey, de vous souhaiter une bonne semaine sainte et surtout une très Joyeuses Pâques. Que la Vierge Marie, Reine-des-Cœurs vous couvre de son manteau maternel et intercède sans cesse pour vous auprès de son Fils, qui ne peut rien lui refuser.

En tout, loué soit Jésus-Christ !

P. Benjamin ÉBODÉ ONAMBÉLÉ, msa, Recteur

[1] Elena Lasida, Le goût de l’autre, Edition Albin Michel, 2018, P. 31

[2] Ibid, pp 31-32

Père Benjamin Ébodé Onambélé , m.s.a.