MESSAGE DE PÂQUES

Père Ébodé Onambélé Benjamin, m.s.a.

Évangile selon Saint Jean 20, 1-9 

Bien-aimés du Seigneur loué soit Jésus Christ !

Le Christ est vraiment ressuscité !

La nouvelle création

La résurrection du Christ nous introduit dans la nouveauté, c’est une nouvelle page de l’histoire divino-humaine qui s’ouvre. Cette nouveauté trouve son expression dans les premières paroles de la page de l’évangile selon saint Jean qui nous est proposée. Jean nous dit ceci : « le premier jour de la semaine… » Cette parole nous rappelle le livre de la Genèse qui introduit le lecteur par ces mots : « au commencement… » Expression qu’on rencontre aussi au début de l’évangile de Saint Jean. Au commencement Dieu créa… Si on considère que le premier jour correspond à ce commencement, ce qui est évident sans doute, nous comprenons que la résurrection qui intervient le premier jour est pour nous, une nouvelle création, un nouveau commencement. Dans le livre de la Genèse, Dieu crée l’univers, il crée l’homme ; autrement dit, il suscite l’homme. En effet, dans nos relations les uns les autres, nous suscitons chez l’autre une émotion, c’est-à-dire notre présence créé en l’autre un sentiment. Dieu en nous créant, nous suscite dans l’univers. Avec la résurrection, nous sommes donc re-suscités, c’est-à-dire, nous sommes créés de nouveau, nous sommes re-créés. Entrons donc sans hésitation, dans cette nouveauté dans laquelle nous introduit le ressuscité.

Marie Madeleine

En tant que première missionnaire de la résurrection, « apôtre des apôtres », elle peut nous aider à nous ouvrir à la nouveauté. Cette veilleuse se rend de bonne heure au tombeau alors qu’il « fait encore nuit » (Jn 20, 1). Celle qui, à travers sa rencontre avec Jésus jadis, est passée des ténèbres à la lumière n’a plus peur d’affronter, par amour, la nuit pour aller au tombeau. Que Marie Madeleine nous aide à affronter sans peur, les ténèbres de nos vies pour enfin rencontrer Jésus le ressuscité, la lumière sans déclin.

Rendue au tombeau, elle va faire une découverte macabre : le corps de Jésus a disparu, le tombeau est vide. Face à ce vide, elle court secouer la torpeur des Apôtres qui, à leur tour, viennent constater le vide. Pour comprendre les émotions qui habitent Marie, il faut avoir fait l’expérience d’une personne qui perd un être cher et dont le corps reste introuvable. C’est une double souffrance : la souffrance d’avoir perdu un être cher et celle de ne même pas retrouver son corps. Le vide que Marie Madeleine rencontre ici est celui que chacun de nous a déjà surement rencontré dans sa vie. Combien de fois on entend dire : je sens un vide en moi, on dirait un désert, je ne sens pas la présence de Dieu… Le vide suscite en nous un désir, celui de voir, de rencontrer, de toucher. Face au vide, il n’y a qu’un seul désir qui nous habite, et ce désir est vital.

Pierre et le disciple bien-aimé 

Les deux vont constater le vide. Ils verront aussi les linges posés à plat ainsi que le suaire. Le tombeau vide, les linges et les apparitions, voilà les preuves que Jésus est ressuscité. Pour ce qui est des linges, si vraiment le corps de Jésus avait été volé, les linges ne seraient pas là. Parce que le voleur n’a pas le temps de débarrasser le corps des linges. Le vol est toujours une opération vite faite. Rappelons-nous du retour à la vie de Lazare. Lorsque Jésus demande avec autorité à Lazare de sortir du tombeau, celui-ci sort lier d’après l’ensevelissement en usage chez les Juifs ; et Jésus demande qu’on le délie. Avec la résurrection, on est délié. La présence des linges montre que Jésus est délié. Avec lui, nous sommes déliés, nous sommes libérés.


Croire comme Jean

Jean va entrer après Pierre, « il vit, et il crut » (Jn 20, 8). Saint Anselme dira « il ne faut pas comprendre pour croire, mais il faut croire pour comprendre ». Croire en la résurrection, c’est accepter qu’avec le Christ « la victoire est certaine ». Demandons au Seigneur de nous accorder la grâce d’une foi qui nous aidera à cheminer vers une ferme espérance.

Que la résurrection du Christ fasse de chacun et chacune de nous une nouvelle créature, des veilleurs et veilleuses comme Marie Madeleine, des croyant(e)s fermes et fervent(e)s.

Joyeuses Pâques !

Père Benjamin Ébodé Onambélé , m.s.a.